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dimanche 2 juin 2024

Grande Casse, couloir des Italiens

La plupart du temps, glace et rochers sont présents en haut du couloir des Italiens, comme ici en mai 2023.
Enneigement exceptionnel au printemps 2024, c'est le moment de tenter la descente à ski.
Deux fois par le passé, j’ai skié la face nord de la Grande Casse. La petite et la centrale. Lors de ces deux visites, j’ai observé longuement le couloir des Italiens, doutant de trouver un jour les conditions d’enneigement pour le descendre sans « bricoler ». C’est-à-dire sans déchausser, sans désescalader ou sans utiliser la corde.

« Les Italiens », on dit comme ça en Tarentaise. Une voie d’alpinisme de niveau D, la plus fameuse de toute la Vanoise, comportant des longueurs en glace dans le haut de la face. Au fait, qui sont-ils ces « Italiens » ? Luigi Binaghi et Aldo Bonacossa, les auteurs de la première ascension en août 1933 ; il faut les imaginer, crampons rudimentaires aux pieds, gravissant les 800 mètres de la face, au plus raide, avec une pioche chacun pour tailler des marches et se hisser vers le sommet.

dimanche 19 mai 2024

Col du Glacier Noir, matinée dans les montagnes hallucinées

Une heure et demie d'approche dans la nuit et voici l'aube blanche qui éclaire la Barre des Écrins, l'Ailefroide, le pic Sans Nom, le Pelvoux. Folie ! Je songe aux Montagnes hallucinées (At The Mountains Of Madness), le court roman de Lovecraft. Aucune photo, aucune vidéo, aucun billet de blog ne peut rendre compte de ce que j'ai vu là.
Je remonte le cours blanc du glacier Noir et aperçois à 7:00 un attroupement dans la pente d'accès au Coup de Sabre. Un concert de Taylor Swift ou une collective du CAF ?! Je compte sept, huit..., neuf skieurs alpinistes ! Je suppose que la plupart d'entre eux vont traverser côté sud en direction du refuge du Sélé. Possible, mais j'estime qu'il y a trop de monde pour envisager sereinement de skier le fameux couloir nord du Coup de Sabre.
Je poursuis jusqu'au pied du col du Glacier Noir, désert, vite rattrapé par Gildas, en meilleure forme que moi. Il va tracer la majeure partie du couloir nord sans même utiliser son piolet, posant ses bâtons à l'horizontale dans la pente pour équilibrer ses pas. Qu'il soit remercié pour son confortable escalier, il était si rapide que je n'ai pu le relayer que dans deux courtes sections. Un Guillestrin nous rejoindra au col et nous descendrons tranquillement le couloir – tellement enneigé que j'ai eu l'impression de skier une large face nord – sur des neiges variées mais jamais difficiles.
L'aube blanche.

samedi 12 juin 2021

Aiguille Verte, couloir Couturier

 « Et au plus eslevé throne du monde, si ne sommes assis, que sus nostre cul »
Michel de Montaigne, Les Essais

Souvent, on entend la même chose à propos de la Verte. « Aucune voie pour en atteindre la cime n'est facile ; [...] À la Verte, on devient montagnard », selon les mots célèbres de Gaston Rébuffat. Pour autant, peut-on considérer aujourd'hui que gravir l'aiguille Verte par les couloirs Whymper ou Couturier correctement enneigés, avec un piolet dans chaque main, est difficile ? Je ne le crois pas. Déjà en 1973, dans ses 100 plus belles courses du massif du Mont-Blanc, Rébuffat écrivait : « On pourrait presque dire que pour aller au Couturier, il suffit de savoir bien cramponner, toutefois il ne faut y aller, bien sûr, que lorsque la neige est en bonnes conditions. » Ceci dit, descendre de cette montagne raide de tous côtés, en crampons, en rappel, à ski, en snowboard ou en parapente, n'est pas une partie de campagne même pour un alpiniste « chevronné », comme le répètent niaisement les médias parisiens. (A-t-on jamais vu Jean-Marc Boivin, Jean-Christophe Lafaille et Christophe Profit arborer le moindre chevron ?)

En rouge, le couloir Couturier skié le 12 juin 2021 avec un crochet en rive gauche pour éviter un rappel dans l'étranglement en glace. En bleu, le passage direct emprunté à la montée.

vendredi 28 mai 2021

La Calotte des Agneaux

« Jeunesse ! Jeunesse que tout cela ! »
Joseph Conrad, Jeunesse

Été 1994. Un été de Coupe du Monde. Les Bleus n'y étaient pas. Peu importe, Roberto Baggio, Hristo Stoichkov et Romario exprimaient le meilleur de leur art sur les pelouses américaines. Je m'en souviens, j'avais 12 ans. Les grandes vacances dans le Briançonnais au ciel bleu polarisé. Je suivais mon père en montagne. Un jour que nous montions en refuge, tout près de la petite cabane pastorale du col d'Arsine, je trébuchai. Le poids de mon sac à dos, le poids de mes crampons, de mon piolet que j'étais si fier de porter, ne me laissai aucune chance. Je m'étalai, la tête dans le sentier, le front percutant une pierre arrondie. Mon cousin me releva et dit « aïe ! là, c'est du sérieux ! », ou quelque chose comme ça. Mon visage en sang. Un trou au-dessus de l'arcade sourcilière droite. Sonné mais pas KO. Mon père déroula l'Elastoplast, me pansa du mieux qu'il put et me délesta de mon matériel d'alpinisme.
Pas de téléphone portable à l'époque. Décision fut prise de continuer jusqu'au refuge de l'Alpe de Villar-d'Arène, à moins d'une heure de marche. En chemin, nous rencontrâmes une cordée d'alpinistes qui descendait de la Calotte des Agneaux, la superbe pyramide blanche qui règne sur le vallon. On leur montra ma blessure. « Il faut quelques points de suture, dit le plus âgé. C'est à toi de voir, si tu ne te fais pas recoudre maintenant, tu auras une belle cicatrice. » Et l'alpiniste tourna la tête pour me montrer une balafre sur sa joue. Nous arrivâmes en plein déjeuner sur la terrasse ensoleillée du refuge de l'Alpe. Je me souviens des visages horrifiés, des moues écœurées des randonneurs apercevant mon front ouvert et sanglant. Un jeune pompier, qui se trouvait là, m'appliqua un pansement spécial pour recoller les deux lèvres de la plaie. Nous poursuivîmes jusqu'au refuge du Pavé. Le soir, fébrile, je me couchai sans rien avaler. Requinqué au réveil, je suivis sans peine mon père et mon cousin sur le beau rocher du pic nord des Cavales. Je fus recousu un jour plus tard à Briançon. Une radio du crâne confirma que j'avais la tête dure.
En direction du col d'Arsine. La Calotte des Agneaux, 3634 mètres, règne sur le vallon.

vendredi 23 avril 2021

La Pointe Percée, sans foi ni loi

« Un roi sans divertissement est un homme plein de misères »
Blaise Pascal, Pensées

En application de l’article 4 du décret n°2020-1310 prescrivant les mesures nécessaires pour faire face à l’épidémie de Covid-19, je me rends vendredi 23 avril de l'an 2021 dans un lieu de culte situé en Haute-Savoie, mon département. Parvenu devant le fronton de la chapelle de la Duche, sise au Grand-Bornand entre deux télésièges au chômage, je découvre qu'aucun office n'y est célébré aujourd'hui. Ni dans les semaines à venir. Aïe ! Comment justifier cette consommation de gazole ? Si sainte Greta-aux-Tresses l'apprend, sûr qu’elle invoquera Odin dans un tweet pour me barrer l'accès au Valhalla. Dépité, je m'en retourne à ma Clio et remarque mes skis, mes chaussures Dynafit, mon sac à dos stockés sur les sièges rabattus ; vestiges d'une saison de rando interrompue par les restrictions gouvernementales. Y a même un piolet, une petite corde et un baudrier où pendent quatre vieux coinceurs de fabrication ukrainienne. Cette petite quincaillerie, pour quoi faire ? Mon regard remonte la massive face ouest de la Pointe Percée, toute bleue dans l’ombre matinale.

Une heure et demie d’approche à peaux de phoque. Je mets les skis en travers du sac et chausse les crampons. La pente inférieure est moche et croûtée. « Ça s’arrangera plus haut », me dis-je. Dans la pente médiane, quelques minutes plus tard : encore plus moche et plus croûtée. On dirait qu’un éleveur de la vallée y a monté son tracteur, je ne sais comment (un pari pour épater son épouse, ses collègues ?), et a tout labouré méticuleusement. Pas un mètre de neige propre. « Ça s’arrangera plus haut », me dis-je. Plus haut, c’est plus raide, la croûte cassante laisse place à une surface bétonnée. Sur les pointes avant, grattonnant le calcaire sous-jacent, les pas en traversée au-dessus d’une barre rocheuse me font regretter l’absence d’un deuxième piolet dans la main gauche. « Tout va bien, me dis-je. C’est la voie normale de la Pointe Percée que je grimpe l’été en short et baskets de trail. »

Ascension par la voie Chauchefoin, qui correspond peu ou prou à la voie normale estivale de la Pointe Percée.

dimanche 28 mars 2021

Le mur de Tardevant

 « Une fois qu'on y est, on y est bien. »
Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit

La face nord-est de Tardevant, massif des Aravis. Première descente à ski : Daniel Chauchefoin et Pierre Tardivel le 17 avril 1982. Photo Jérémy Janody

Le nez dans la pente. Mes crampons dans la semoule cherchent des appuis francs. Sous mes pointes, 300 mètres de toboggan inclinés à 50-55 degrés plongent sur un abîme rocheux. L'ascension devient inconfortable, il est temps de sortir de cette face nord-est de Tardevant. « Courte mais monstre raide ! », disent les skieurs des Aravis  ou d'ailleurs   qui s'y sont essayés. Je ne les contredis pas. Je trouve un point faible dans la corniche, y enfourne les manches de mes deux piolets et me hisse sur le plat de l'arête sommitale.

vendredi 19 février 2021

Réalité alternative dans la face sud de la Dent du Géant

Vendredi 19 février 2021, 9 heures environ. Ligne 8, rame bondée. Suis coincé entre une dame de 150 kilos, smartphone à l'oreille, hurlant dans une langue inconnue et un chauve épais comme un cintre qui parle tout seul à son kit mains libres. Les sifflements du vieux métro couvrent à peine leurs aboiements. Richelieu-Drouot, Opéra, Madeleine, Concorde, Invalides. Là, je me faufile hors du wagon, dépasse une caravane de femmes voilées avec poussettes sur le quai, enjambe une marche sur deux dans l'escalier et attrape l'infâme ligne 13 où « un incident s'est produit, nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée », m'apprend la voix off. L'incident n'empêche pas la rame de filer vers le sud de Paris et de se vider à Montparnasse. L'actualité défile sur mon Samsung ; rien d'inhabituel. Un clandestin soudanais a égorgé le responsable du centre qui l'accueillait. Un type habitué des plateaux télés, qualifié « d'intellectuel de gauche », est accusé de viol par son beau-fils. 

À l'air libre, j'ignore un Roms aux pieds nus qui joue mal son rôle de réfugié syrien et un autochtone affalé sur le trottoir en quête de pièces pour s'acheter des tickets à gratter. Parvenu dans le luxueux siège social de mon employeur, le triple bip du portique de sécurité m'indique qu'il faut mettre à jour mon badge. Ceci fait, je monte dans l'ascenseur précédé d'une très belle brune au teint frais, lui dit « bonjour » et détourne immédiatement les yeux afin que mon regard ne soit pas assimilé à celui d'un redoutable homme blanc hétérosexuel. Cinquième étage. Une machine me sert un mauvais ristretto, je salue une collègue souriante dans le couloir menant à mon bureau surchauffé à 25 °C contre ma volonté (un technicien doit passer dans l'après-midi).

Noire et Blanche de Peuterey, mont Blanc de Courmayeur, mont Blanc.

mardi 16 février 2021

Pointe Percée, face ouest

Patrie du reblochon, du gypaète barbu réintroduit et de quelques-uns des skieurs-alpinistes les plus accomplis  Daniel Chauchefoin et Pierre Tardivel en tête , la chaîne des Aravis culmine à 2750 mètres du haut de la Pointe Percée. La tectonique des plaques et l'érosion ont voulu que cette montagne de calcaire présente la plus belle architecture du massif. Séduit autant que moi par la Pointe Percée, fortement enneigée en ce mois de février de l'ère covidienne, Ross Hewitt et Tom Grant ont choisi de quitter, une journée, leur chère vallée de Chamonix pour m'accompagner dans ma tentative à ski. 
J'ai tiré la langue pour suivre mes camarades, dont le métier de guide leur garantit une condition physique enviable. Parvenues à la croix sommitale au prix d'une dispersion excessive de mes forces durant la longue ascension depuis l'espace nordique du Grand-Bornand, mes spatules ont cheminé avec celles de Tom et Ross dans la face ouest où nous avons skié de la neige fraîche en quantité insuffisante pour couvrir quelques sections de croûte gelée et brunie par le sable du Sahara tombé du ciel au début du mois. Des conditions de glisse moyennes, mais un vœu exaucé. Nous avons skié la Pointe Percée.

Nous accédons au pied de la Pointe Percée après une longue approche.

mercredi 27 mai 2015

Mont Blanc, face ouest, voie Saudan

Nous avons choisi la voie ouverte par Sylvain Saudan en juin 1973 dans le versant ouest du mont Blanc, supposant que cette ligne nous permettrait de descendre l'intégralité de la face sans utiliser la corde ni gratter les rochers skis aux pieds. Bonne intuition. Mille mètres de pur ski de pente raide partant directement du Toit de l'Europe !
Plan large du parcours effectué dans le versant Miage du mont Blanc. Photo DR
En Europe, un passionné de ski sauvage trouvera difficilement défi plus intéressant que la face ouest du mont Blanc. Attiré par les proportions himalayennes de ce versant reculé du Géant franco-italien, j'avais gravi l'éperon de la Tournette en août 2009. Une voie presque oubliée, ouverte au XIXe siècle, peu difficile techniquement mais d'une certaine ampleur. Depuis cette ascension solitaire, je fantasmais une descente à ski gargantuesque au cœur de l'austère paroi érigée aux confins du Val d'Aoste et de la Haute-Savoie.

dimanche 10 mai 2015

vendredi 24 avril 2015

Aiguille d'Argentière, couloir Barbey

Poumons encombrés, motivation en berne, je suis monté à l'aiguille d'Argentière par la voie normale afin d'améliorer ma condition physique de mésange asthmatique. Sommet atteint à 13 heures, dans les temps pour skier le couloir Barbey, versant suisse (tracé ci-dessus).

mardi 14 avril 2015

Aiguille du Goûter, couloir ouest

Aiguille du Goûter, versant ouest. Durant l'ascension, j'ai quitté l'axe du couloir pour basculer dans la face après qu'une pierre fusante m'ait heurté la cuisse droite. Pas de dégât. La neige était de médiocre qualité, majoritairement gelée, croûtée et irrégulière. L'enneigement était très faible tout en haut, de ma position je ne voyais pas la possibilité de skier depuis le sommet. Déçu, démotivé, je me suis arrêté une centaine de mètres sous le nouveau refuge du Goûter.

mardi 10 juin 2014

Col de la Brenva, face sud-est, ligne Tardivel

Col de la Brenva, face sud-est. Une ligne ouverte le 10 juillet 1988 par Pierre Tardivel. Déposé en hélicoptère au sommet, cette descente lui a servi d'échauffement avant de s'élancer le même jour dans l'impressionnante face nord du Grand Pilier d'Angle (tout à gauche sur cette photo). Une première qui n'a jamais été répétée depuis. Dans les années 80, les enchaînements avec transferts en hélico étaient à la mode chez les montagnards de pointe (Christophe Profit et Jean-Marc Boivin ont réalisé de grandes performances par ce moyen). Difficile de reprocher à Pierre Tardivel d'avoir abusé de l'hélicoptère au cours de sa carrière. Son palmarès unique au monde parle pour lui.

mercredi 28 mai 2014

Mallory !

Compte tenu de cette fin mai plutôt fraîche et neigeuse, je rouvre mon dossier consacré à la face nord de l'aiguille du Midi. En 2010, j'avais eu la chance de skier l'Eugster diagonale tapissé d'une excellente neige froide, de haut en bas. En revanche, l'année suivante, je n'avais pas su trouver les bonnes conditions pour descendre la voie Mallory-Porter (neige abominable dans les passages clés, plusieurs rappels et désescalades). Retour dans le Mallory cette année avec pour objectif de faire beaucoup mieux qu'en 2011. Mission accomplie, même si l'enneigement n'était pas optimal (deux rappels au lieu d'un seul quand l'itinéraire est bien rempli). Merci à Jacques Burcher qui s'est porté volontaire pour m'accompagner dans cette ligne, souvent citée comme la descente freeride la plus spectaculaire du monde.

mardi 20 mai 2014

Le grand Gervasutti

Superstar parmi les couloirs, le grand Gervasutti. On ne voit que lui dans la face est du mont Blanc du Tacul. 800 mètres à 45-50°. Le "skieur de l'impossible" Sylvain Saudan en a réalisé la première descente en octobre 1968. Ce couloir était coté D (difficile) dans le guide Vallot. J'imagine que la performance du moniteur de ski suisse a dû défriser pas mal de barbes et moustaches, à l'époque, au sein du milieu de l'alpinisme traditionnel.

samedi 10 mai 2014

A Day At The Spencer

Aiguille de Blaitière, couloir Spencer. Mon parcours favori dans le massif du Mont-Blanc. Une glisse haut de gamme au cœur des aiguilles de Chamonix. Il faut y aller pour comprendre... Sylvain Saudan fut le premier à skier le Spencer (45-50° sur 300 mètres), le 23 septembre 1967. Cette date a été retenue comme celle de la naissance du ski extrême. D'autres pentes quasiment aussi raides avaient déjà été skiées, notamment dans les Écrins, mais tout ce qui se passe à Chamonix résonne beaucoup plus fort.

lundi 14 avril 2014

Le Davin sinon rien

Voici la photo du couloir Davin, bordant le glacier du Casset, issue des 100 plus belles courses du massif des Écrins (Editions Denoël) de Gaston Rébuffat. L'histoire de ce couloir est singulière. Ici, il n'est pas question de rentiers britanniques se faisant tailler des marches par des guides de Zermatt ou Chamonix. C'est un prêtre local, l'abbé Davin, qui en réalisa seul la première ascension. Photo DR