mercredi 24 avril 2013

Grande Casse, face nord centrale

A Tiphaine,
un bon copain
drôle et cultivé,
disparu
accidentellement.

Coup de fil, lundi soir, du rider anglo-tignard Chipie Windross : "Hey mate ! There is no need to go in Cham, Grande Casse's north face is full of powder !" J'annule mes projets côté suisse du Mont-Blanc pour accompagner mon ami. Premier jour : nous avons rallié le refuge du col de la Vanoise, depuis Tignes, en skiant au passage le versant nord de l'épaule de la Grande Casse (tracé à gauche). Le lendemain, montée au sommet de la Grande Casse par la voie normale des Grands Couloirs et descente de la face nord centrale, située entre le couloir des Italiens et la petite face nord.
C'est parti pour deux jours de ski de rêve au cœur de la Vanoise avec Chipie Windross. Nous skions le flanc ouest de la Grande Motte, à Tignes, pour rejoindre l'arête est de la Grande Casse.
Nous allons suivre le fil de l'arête un petit moment.
Derrière nous, le versant ouest de la Grande Motte, notre point de départ.
Après une courte traversée à ski, nous mettons les crampons ici pour remonter l'éperon de neige, à gauche, qui va nous mener au départ de la pente nord de l'épaule de la Grande Casse.
Poudre profonde, intacte et suffisamment stable dans le versant nord de l'épaule. Cette pente est plus courte que la face nord centrale, skiée le lendemain, mais nous l'avons trouvée plus soutenue (45-50°). Photo Chipie WINDROSS
A gauche, la pente nord de l'épaule que nous venons de descendre.
Pause au col de la Grande Casse avant de descendre au refuge du col de la Vanoise. On aperçoit le couloir des Italiens qui n'est pas encore skiable (glace et cailloux apparents dans la partie supérieure).
A l'aube dans la voie normale de la Grande Casse. Pas équipés de couteaux pour nos skis larges, nous avons souvent dû mettre les planches sur le sac. Beaucoup de perte de temps.
3855 mètres. Sommet de la Grande Casse. On va chausser les skis ici.
Sur l'arête sommitale. A gauche, la sortie des Italiens et le départ de la face nord centrale plus à droite. Vu d'ici, nous pensions pouvoir accéder à notre pente skis aux pieds. Mais une zone de cailloux, sur le fil, contraint à déchausser.
Chipie et ses Praxis (barres à mine made in USA) parés pour un run mémorable de 700 mètres !
Pas mal de traces au départ mais la neige est excellente. Le sommet de la Grande Casse, d'où nous venons, à l'arrière-plan.
Chipie me rejoint en rive gauche, où la neige est moins profonde mais non tracée. Un régal !
On traverse au-dessus du sérac pour accéder à l'immense pente principale. Photo Chipie WINDROSS
Photo Chipie WINDROSS
De la poudre à perte de vue ! C'est quatre fois plus large que la NNE des Courtes.
Du ski grandiose. Photo Chipie WINDROSS
Chipie parachève sa ligne sous l'énorme sérac de la face nord.
Retour tranquille vers les pistes de Tignes. Mille remerciements à mon ami Chipe Windross pour l'invitation. Il s'agissait de ma dernière descente cette saison. Je repasse sur le billard début mai pour me libérer de la douzaine de vis fichée dans mon tibia gauche (la fracture remonte à janvier 2012). Un soulagement. Bonne "steep season" à tous.

jeudi 18 avril 2013

Echec croulant

Retour dans le massif du Mont-Blanc, le pays des rêves concrétisés, ajournés ou brisés.
Départ du Montenvers, direction le refuge du Couvercle.
Sur le glacier de Talèfre, j'entraperçois mon objectif du lendemain : le couloir sud de l'aiguille Croulante (dans la face sud des Courtes). Surchauffées ces derniers jours, les pentes ont toutes purgé. Néanmoins, j'espère que les larges contrepentes de la Croulante seront skiables...
Arrivée au vieux Couvercle.
Le refuge moderne n'ouvre qu'en période estivale et pour un ou deux week-ends au printemps.
Pas de compagnie au refuge jusqu'au milieu de la nuit, où arriveront deux cordées descendant de la face nord des Droites.
La photo que tout le monde prend à l'intérieur du Couvercle.
Le film du soir diffusé sur l'immense écran des Jorasses.
L'aube en spectacle sur le mont Blanc.
Grosse déception dans le couloir sud de la Croulante. La neige est massacrée, goulottée, défigurée. Après avoir remonté 200 mètres pour constater que la suite de la ligne ne ressemble à rien, je capitule. Craignant des chutes de pierre, je chausse les skis sans attendre le soleil. Une descente dégueulasse sur une neige gelée parfaitement irrégulière. Le piolet m'a été très utile pour traverser les traces de coulées verglacées.
Moquette agréable à skier sur le bassin de Talèfre. Je rejoins le glacier de Leschaux et la Mer de glace par la Pierre à Béranger (je suppose qu'il s'agit de ce gros rocher repérable de loin).

mardi 2 avril 2013

La Beccaz, épilogue

Le versant nord de la pointe de la Beccaz fut le fil rouge de mon hiver 2013 (résumé des épisodes précédents). J'y suis retourné une dernière fois pour skier un couloir en rive droite qui aboutit au sommet par un crochet côté sud-ouest (on devine l'itinéraire sur cette photo). A mon sens, il s'agit de la ligne la plus esthétique de la Beccaz. Tout comme pour le couloir nord classique, un enneigement abondant est nécessaire pour combler deux ou trois ressauts de glace.
En trois visites dans le secteur, je n'ai rencontré que ce chamois solitaire.
Juste après la sortie de la face nord sous les corniches, le sommet n'est plus qu'à 10 minutes.
La traversée Beccaz-Crêt des Mouches, ma rando estivale préférée. Deux rappels de 25 mètres et deux pas de IV si je me souviens bien. Pas certain que j'ose y retourner en solo. L'arête a-t-elle déjà été parcourue en hiver ?
Arrivée au sommet, devant la pointe de la Bajulaz et le Mamelon Vert à gauche.
Le printemps avait commencé son œuvre la veille, croûte cassante dans le bas du couloir. Physique à skier, les lattes doivent décoller. Plus haut, il restait un peu de poudre et de neige froide. Quand on sort par risque 2/5, la qualité de neige optimale n'est pas garantie. C'est le petit prix de la sécurité.
L'avant-dernière étroiture m'a posé problème. Il était possible de la contourner par la droite en dérapant un bombé glacé qui ne m'inspirait pas confiance. Mes mois de rééducation en 2012 ont pesé dans la balance : déchaussage et désescalade du goulet verglacé sur une dizaine de mètres. En revanche, le verrou final qui suit était rempli et bien skiable.